Photographie – Gestion des couleurs

 Aucun appareil photo numérique ne peut reproduire la totalité des couleurs perceptibles par l’œil humain.

Chaque appareil a son propre espace colorimétrique, qui décrit une plage de couleurs spécifique, ou gamut, que l’appareil peut enregistrer, stocker, modifier ou produire. Certains espaces colorimétriques sont plus grands que d’autres. Par exemple, l’espace CIE Lab est large, tandis que l’espace sRVB, utilisé par de nombreux navigateurs web, est d’une taille relativement réduite.

En outre, chaque appareil décrit la couleur de façon soit additive, à partir du modèle RVB, soit soustractive, à partir du modèle colorimétrique CMJN. Les caméras et les moniteurs utilisent le modèle RVB, les imprimantes utilisent le modèle CMJN.

Notes de traduction:
CMJN: Cyan, Magenta, Jaune, Noir – CMYK: Cyan, Magenta, Yellow, Black.
RVB : Rouge, Vert, Bleu – RGB: Red, Green, Blue.



Figure 1 – Gammes de couleurs de divers appareils et des images.

Légende de l’image:
A. Espace colorimétrique Lab 
B. Les espaces colorimétriques d’une image
C. Les espaces colorimétriques de plusieurs appareils 

Du fait de la variation de ces espaces colorimétriques, les couleurs sont souvent différentes en fonction de l’appareil sur lequel vous les affichez.

Les systèmes de gestion des couleurs utilisent des profils pour corriger les différences de couleur entre les appareils. Ainsi, vous pouvez prévoir en toute confiance les couleurs que vous verrez lorsque vous partagerez ou imprimerez des photos.

Figure 2 – Correspondance des couleurs à l’aide de profils.

Légende de l’image:
A. Les profils décrivent les espaces colorimétriques de l’appareil photo et de l’image. 
B. A partir des profils, le système de gestion des couleurs identifie les couleurs réelles de l’image. 
C. Le système de gestion des couleurs convertit les couleurs de l’image dans l’espace colorimétrique du moniteur à l’aide des informations contenues dans le profil de celui-ci. 
D. A l’aide du profil de l’imprimante, le système de gestion des couleurs convertit les couleurs de l’image selon l’espace colorimétrique de l’imprimante, de sorte que les couleurs s’affichent correctement à l’impression. 

Source : Adobe – Le mystère des couleurs


1 Généralités

Voir précédemment ( chapitre présent pour mise en concordance avec le pdf ).


2      L’œil humain

L’amplitude absolue de l’œil est de 25-30 diaphragmes : c’est sa plage statique. Mais, pour un diamètre d’iris donné (le diaphragme de l’œil, qui peut s’ouvrir de 1 à 7mm), l’amplitude n’est que de 10-15 diaphragmes.

Lorsqu’il regarde une scène à forte dynamique, l’iris de l’œil s’adapte à chaque partie de l’image et en final, le cerveau humain assemble toutes les « vues ». On a donc bien une dynamique finale de 30 diaphragmes.

Sources :
Arnaud Frich – Le Gamma                
James Lorentson – Dynamic Range & Visual Perception


3      L’appareil photo

En 2021, l’amplitude dynamique (Dynamic range) des meilleurs appareils photos est de 12-15 diaphragmes. L’œil reste donc bien meilleur…

Source: DxOMark – Sensor Data Base


4      Gestion des couleurs

4.1   Le gamut

C’est l’ensemble des couleurs qu’un dispositif permet de reproduire.


4.2   L’espace colorimétrique

Un espace colorimétrique est un modèle mathématique tridimensionnel représentant l’ensemble des couleurs perceptibles, utilisables ou reproductibles par un être humain ou un appareil. Chaque couleur qu’il contient est ainsi associée à des coordonnées déterminant un point précis et correspondant, par exemple, à des valeurs telles que la luminance, la saturation et la teinte.


4.3   Le modèle RVB

Une couleur est identifiée par son triplet : R, V, B. Mais ce modèle ne prend pas en compte la perception de l’œil humain. Il est utilisé par les logiciels pour l’affichage à l’écran.

Figure 3 – Le modèle Cube RVB.

Voir : PhotoShop – modes colorimétriques



4.4   Le modele TSL : Teinte – Saturation – Luminosité

C’est le plus intuitif des modèles colorimétriques. Il prend en compte la perception humaine de la couleur. Il est parfois appelé modèle perceptuel. Il est utilisé par PhotoShop et Capture One. En anglais, il se nomme HSL : Hue, Saturation, Lightness.

Les paramètres de couleurs sont :
Teinte.
Saturation.
Luminosité.

Figure 4 – Représentation du modèle TSL.


4.5   Le modèle CIE (LAB)

A éclairement égal, certaines teintes (jaune, vert) paraissent plus claires que d’autres (rouge, bleu), car la sensibilité de l’œil n’est pas la même pour toutes les longueurs d’onde. C’est pourquoi a été créée en 1976 le modèle colorimétrique Lab, ou CIE Lab, qui couvre la totalité du spectre vu par l’œil humain et le représente de façon uniforme.

Une couleur est codée sur 3 valeurs :

  • L pour le % de Luminance (0 % noir, 100 % blanc).
  • a (- 120 / + 120) pour une gamme de couleurs du vert (- 120) au rouge (+ 120).
  • b (- 120 / + 120) pour une gamme de couleurs du bleu (- 120) au jaune (+ 120).

Note : L exprime la luminosité, a et b la chrominance.

Le CIELAB est un modèle indispensable à la gestion de la couleur car il va servir de référence colorimétrique dans les profils, autrement dit, une notation en Lab correspond toujours à une couleur unique et absolue. Photoshop l’utilise comme moteur interne pour la gestion des couleurs. Cela signifie que toute conversion d’un espace colorimétrique à un autre transite obligatoirement par le modèle Lab.

Figure 5 – Modèle CIE LAB (L*a*b* CIE 1976).

Sources :
http://www.profil-couleur.com/ec/115-modele-cie-lab.php
http://www.charaix.com/Culture/Couleurs/Couleurs0B.html


4.6   Diagramme de chromaticité

On utilise souvent le modèle 2D : c’est le diagramme de chromaticité.
La figure suivante permet de comparer les divers espaces colorimétriques à la zone des lumières visibles. Sont affichés :
– la zone des lumières visibles (Horseshoe Shape of Visible Color).
– l’espace ProPhoto RGB.
– l’espace Adobe RGB.
– l’espace sRGB.
– un profil ICC de papier mat sur imprimante Epson 2200 : 2200 Matt Paper.

Figure 6 – Comparaison entre divers espaces colorimétriques et l’œil humain – Wikipédia.

Les espaces colorimétriques les plus courants dans l’univers photographique sont (du moins large au plus large) :
sRVB
AdobeRVB.
ProPhoto.

Plus l’espace colorimétrique est large, plus il pourra reproduire des couleurs saturées. Les 2 premiers espaces codent les couleurs sur 3×8 bits. Prophoto code sur 3×16 bits. Le sRVB est le plus petit dénominateur commun : c’est celui qui correspond à l’affichage à la plupart de tous nos écrans actuels (2021).

Sources :
Arnaud Frich – Choisir son espace de couleur ***
Arnaud Frich – Les espaces couleurs et gamuts en photo et vidéo
Les Numériques – Les espaces colorimétriques



4.7   Le profil ICC

Un profil ICC comprend les données qui caractérisent un terminal d’entrée ou de sortie de couleur. C’est sa carte d’identité colorimétrique. Il s’agit d’une table de correction qui modifie la représentation numérique de chaque couleur en fonction des caractéristiques propres du périphérique de manière à les reproduire le plus fidèlement possible. Chaque équipement (appareil photo, scanner, imprimante) a des imperfections, et il faut les compenser. C’est le but du profil ICC.

Exemple : On photographie le gris parfait d’une mire. Sa valeur théorique est : RGB (128,128,128). Mais l’appareil photo, suite à ses contraintes physiques fournit dans son fichier RAW de sortie : RGB (128, 140, 128). Le profil ICC est là pour corriger cette imperfection.

Quand Photoshop voit RGB (128, 140, 128), il envoie RGB (128,128,128) à l’écran car le profil ICC de l’appareil photo le lui a dit.     
C’est la même chose pour l’impression. On verra plus loin que les imprimeurs livrent les profils Icc du couple imprimante/papier pour se rapprocher de la couleur de la photo papier lors du soft proofing (épreuvage écran de l’image).

4.8   Espace colorimétrique (ou espace couleur) et profil ICC

Un espace couleur n’est qu’un gamut et un profil ICC est un gamut ET des caractéristiques colorimétriques propres à un appareil donné.
– Un espace colorimétrique est uniquement un espace de référence et n’est pas associé à un matériel. Il est parfois appelé profil ICC indépendant.
– Un profil ICC est forcément lié à un matériel, et il est associé à un espace colorimétrique. Il est parfois appelé profil ICC dépendant (du matériel).

Sources : Arnaud Frich – Les profils ICC.
Fichier zip contenant les principaux espaces colorimétriques : ICCProfiles.zip (source : ICM Profiles).

4.9   Attribuer un profil ICC et convertir un profil ICC

Attribuer un profil ICC
L’attribution
du profil ICC ne s’effectue qu’une fois dans la vie de l’image : à sa création, une fois le dématriçage effectué (lors de la Rawtisatisation). Il s’agit d’attribuer une couleur L*a*b à une valeur RVB.

Le capteur électronique de l’appareil photo fournit des informations R,V,B à partir desquelles l’appareil photo ( cas du shoot en JPEG) , ou le logiciel (Camera Raw, LightRoom, Capture One…), attribue une couleur L*a*b.

Convertir un profil ICC
La conversion peut s’effectuer plusieurs fois dans la vie d’une image.
Exemples :
– pour un export d’image à destination du Web, on convertit l’image dans l’espace sRVB.
– pour une impression, on la convertit dans l’espace AdobeRVB.

4.10   Tutoriels vidéo

Arnaud Frich – La gestion des couleurs pour les débutants – 1/3 
Arnaud Frich – La gestion des couleurs pour les débutants (2/3) : profils icc, espaces couleurs
Arnaud Frich – Le vocabulaire de la gestion des couleurs pour les débutants (3/3) : attribuer profil icc



5      Les différents profils ICC intervenant dans la chaîne photographique

5.1   Le profil ICC de l’appareil photo (entrée)

Cas du shoot en Jpeg :
L’appareil photo réalise en interne le passage Raw jpeg. L’attribution de l’espace colorimétrique s’effectue dans l’appareil . Le choix de l’espace colorimétrique s’effectue dans les menus de l’appareil : sRVB – AdobeRVB.

Cas du shoot en Raw.
L’attribution de l’espace colorimétrique s’effectue dans le logiciel de post-production. Le logiciel de dématriçage du PC vient lire les données EXIF du fichier RAW. Si l’appareil existe dans sa base de données, la photo s’affiche avec le profil correspondant.

Note : l’image qui s’affiche au dos de l’appareil photo (ou dans le viseur) est une image Jpeg issue du dématriçage en temps réel de l’image Raw.

Figure 7 – dérawtisation – les divers cas de figure.


Sources :
Arnaud Frich – Les profils ICC
Arnaud Frich – Attribuer un profil ICC à une image  
Arnaud Frich – Gérer les couleurs d’un fichier RAW dans Camera Raw

5.2   Le profil ICC de l’écran

Comme tout périphérique concerné par la gestion des couleurs, l’écran a son propre profil Icc. Hors calibration, Windows attribue un profil générique à l’écran. En 2021, les écrans de moins de 5 ans (à dalle non TN) gèrent tous correctement le sRVB.

Pour un écran gérant au moins 90% de l’AdobeRVB, il faut compter 650 Euros. C’est le cas du Eizo CS2420, qui gère plus de 99% de l’AdobeRVB.

Voir : Arnaud Frich – Guide des écrans


5.2.1  Gestion des couleurs sous Windows

En tapant « Gestion des couleurs » dans la barre de recherche de Windows (en bas à gauche), l’écran suivant s’affiche :

Figure 8 – Menu des gestion des couleurs Windows.

Cela permet de voir le profil Icc attribué à l’écran (dans ce cas, il s’agit du profil issu d’une calibration).
Il est alors possible dans cette fenêtre d’ajouter des profils, et de modifier le profil par défaut.
Les profils Icc se situent dans le dossier : C:\Windows\System32\spool\drivers\color.

Installation directe d’un profil ICC sous Windows:
Faire un clic droit sur le fichier ICC, et sélectionner Installer un profil.
Il se placera directement sous le dossier cité au-dessus : C:\Windows\System32\spool\drivers\color.


Figure 9 – Installation d’un profil Icc.

5.2.2  Fichier ICC et calibration

La calibration d’un écran consiste à générer un fichier ICC à l’aide d’une sonde colorimétrique. Elle est INDISPENSABLE pour avoir un workflow de qualité. L’Annexe 6 décrit la procédure que j’utilise.

On caractérise son écran pour ce qu’il est capable de faire.
Cela écran consiste à choisir :
– une luminance (en cd/m2). Valeur conseillée : 80 cd/m2 pour la meilleure correspondance papier/écran.
– Une température de couleur ou point blanc (en °K).  Valeur conseillée : 6500K.  C’est le réglage par défaut des écrans actuels.
– un rapport de contraste. Arnaud Frich conseille 300 :1…
– un gamma ou une courbe de réponse tonale. Valeur conseillée : 2,2.

Voir :Arnaud Frich – Calibrer son écran

5.3   Le fichier ICC du couple imprimante/papier

Ce fichier permet de faire du softproofing : simulation du résultat de l’impression sur écran.  Voir plus loin les chapitres dédiés au softproofing, en fonction des logiciels utilisés.

En 2021, les bonnes imprimantes sur papier Fine Art sont capable d’imprimer grosso-modo  l’AdobeRVB.

6      Gamuts : appareil photo – écran – imprimante

6.1   Gamut de l’appareil photo

Un appareil reflex ou hybride moderne a un gamut plus grand que AdobeRVB, proche de ProPhoto.

6.2   Gamut du moniteur

En 2021, les écrans de moins de 5 ans (à dalle non TN) gèrent tous correctement le sRVB. Seuls les écrans dit graphiques (comme le  Eizo CS2420 à 650€, qui gère plus de 99% de l’AdobeRVB) vont au-delà.

Voir : Arnaud Frich – Guide des écrans

6.3   Gamut des imprimantes

Dans les impressions de qualité, les bonnes imprimantes/encres/papier ont un gamut proche de AdobeRVB, parfois légèrement supérieurs.

Dans les impressions de qualité, les bonnes imprimantes/encres/papier ont un gamut proche de AdobeRVB, parfois légèrement supérieurs.

Sur les graphiques ci-dessous, on voit que l’imprimante EPSON SC-P800 sort un petit peu de l’espace AdobeRVB 98. Donc exporter en ProPhoto n’est pas idiot.

Figure 10 – Espaces colorimétriques imprimante Epson SC-P800 et Adobe RVB 98.

Figure 11 – Espaces colorimétrique imprimante Epson SC-P800 et ProPhoto.


6.4   Visualisation 3D des divers gamuts

Dans cette vidéo de 2018, le photographe Martin Bailey visualise les gamuts des appareils suivants à l’aide du logiciel 3D ColorThink Pro: appareil photo, moniteur, imprimante.

6.5   Conséquences sur l’exportation des fichiers pour le Web et l’impression

6.5.1   Cas de l’exportation vers le Web

Le gamut de la plupart moniteurs n’étant pas supérieur à sRVB, c’est dans cet espace qu’on exportera toutes les images à destination du Web.

Il faut TOUJOURS incorporer le profil colorimétrique quand on exporte une image. En effet, en 2021, tous les navigateurs sur toutes les plateformes (Windows, Ios Android) gèrent les profils ICC.  Source : Arnaud Frich – Gestion des couleurs sur Internet.

Note : la bonne fourchette de taille pour une image Web est actuellement de 300/400Ko (temps de réponse correct sur smartphone).  Pour les sites de Photos (Flickr, Google Photos) qui sont souvent regardés sur PC fixes, 1 à 1.5 Mo est admissible.

6.5.2   Cas de l’export pour impression

L’espace à privilégier est : … le plus large possible toléré par votre fournisseur. Mais AdobeRVB est le minimum en FineArt (impression de qualité).


7     Développement d’un fichier RAW

 Les logiciels de développement de fichiers RAW ont pour rôle de convertir un fichier RAW issu du capteur d’un appareil photo numérique en fichier JPG ou TIF.

La déRAWtisation se décompose en 3 parties :
– le dématriçage proprement dit (ou débayerisation)
– l’attribution d’un espace colorimétrique.
– l’application du profil ICC de l’appareil photo.

L’attribution de l’espace couleur des fichiers RAW se fait dans le logiciel de dématriçage :
–  soit dans l’appareil photo si on shoote en jpeg.
–  soit sur PC ou Mac, avec des logiciels comme Camera Raw, Lightroom, CaptureOne, Dxo…

Une fois la déRAWtisation achevée, on peut commencer les retouches.

Source: Arnaud Frich – Gérer les couleurs d’un fichier RAW dans Camera Raw

8     Gestion des couleurs dans Lightroom ou Camera Raw

Source : Arnaud Frich – Gérer les couleurs d’un fichier RAW dans Camera Raw

Lightroom et Camera Raw partagent le même module de développement des fichiers Raw.
Mais l’ergonomie des menus n’est pas tout à fait la même.

Comme tout déRawtiseur, le logiciel va :
– reconnaître le profil ICC de l’appareil et lui attribuer (le modèle de l’appareil photo est contenu dans la partie EXIF du fichier RAW).
attribuer un espace colorimétrique à l’image.

Dans Camera Raw, le nom de l’appareil photo apparaît en haut à gauche du bandeau :


Pour avoir accès au choix de l’espace colorimétrique, il faut cliquer sur cette ligne en bas de l’image.

Le popup suivant s’affiche :

Champ Espace : choix de l’espace de travail. Préférer ProPhoto.
Champ Profondeur : mettre 16 bits/couche (le mode 8 bits ne devrait plus exister).

Cliquer sur la touche Ouvrir une image  


A l’ouverture sous PhotoShop, le popup suivant s’affiche :


Le menu Enregistrer l’image est plus complet :



On peut choisir :
– le format : JPEG, TIFF, PSD …
– l’espace Colorimétrique et sa Profondeur (toujours sélecter 16 bits).

Dans Lightroom, il faut faire :  Exporter un fichierEspace colorimétrique

Ici, on a choisi d’exporter au format PSD (PhotoShop Document) dans l’espace ProPhoto.

Rappel : dans le cas d’un fichier shooté en Jpeg, c’est l’appareil photo qui attribue l’espace colorimétrique à l’image. Dans le menu de l’appareil, on a généralement le choix entre les espaces colorimétriques sRVB et AdobeRVB. Préférer l’espace le plus large : AdobeRVB.

9     Gestion des Couleurs dans PhotoShop

« Photoshop, pour afficher et travailler correctement les couleurs, a besoin, de connaître le profil ICC de l’image à ouvrir ou ouverte pour afficher correctement ses couleurs. Cela devient son espace couleur de travail ; Il se substitue à l’espace de travail de Photoshop »
Arnaud Frich – Les informations couleurs et les menus couleurs de Photoshop

9.1   Choix de l’espace colorimétrique de travail de Photoshop

C’est simple : il faut choisir le même espace de travail que celui de ses images. De cette manière, les images s’ouvrent directement (sans passer par la fenêtre du chapitre 9.5.3 : Cas d’une image avec un profil différent de l’espace de travail).

Personnellement, je conseille l’espace le plus large : ProPhoto.

Rappel : l’espace de couleur d’une image est celle que lui a attribué le déRawtiseur (Camera Raw, Lightroom).

Note : l’espace de travail de Photoshop ne sert dans un seul cas : lorsqu’on ouvre une image sans profil ICC (impossible si l’image vient d’un appareil photo). Mais c’est le cas de certaines images Web, encore sans profil. C’est stupide car le poids d’un profil ICC générique (sRVB, AdobeRVB) n’est que de 2 à 4 Ko.

Arnaud Frich – Choisir l’espace de travail de Photoshop

9.2   Menus liés au choix de l’espace colorimétrique

Le choix de l’espace de travail de Photoshop est accessible dans le menu :

Menu : EditionCouleurs  : Espace de travail RVB

Dans l’exemple ci-dessous, l’espace de travail est : Adobe RVB

Détails des espaces colorimétriques génériques :



9.3   Attribuer un profil colorimétrique dans Photoshop (assign profile)

Meilleur tuto (anglais): Photoshop CC Color Settings and more

L’attribution de profil (assign profile) dans Photoshop est exceptionnelle, car généralement effectuée dans Lightroom ou Camera Raw.

Cela n’arrive que lorsque l’image n’a pas de profil colorimétrique : cas d’images « récupérées « sur le Web. Photoshop va forcer le profil en choisissant celui de l’espace de travail.

Arnaud Frich – Comment attribuer un profil ICC à une image dans Photoshop ?

9.4   Convertir un profil colorimétrique 

Convertir une image, contrairement à l’attribution, c’est changer les valeurs R, V, B sans changer les couleurs (en tout cas le moins possible). Les valeurs R, V, B sont changées ET on attribue un espace colorimétrique.

L’attribution d’un profil ne se fait qu’une fois dans la vie d’une image, alors que la conversion de profil peut avoir lieu plusieurs fois :

Exemples :
– exportation vers le Web. On exporte sur le Web en sRVB.
– affichage sur l’écran du PC (se fait automatiquement par la carte graphique du PC ou Mac).
– softproofing : on convertit dans le profil ICC du couple imprimante/papier.

Cet excellent tuto permet de bien comprendre la différence attribuer / convertir :
Arnaud Frich – Convertir une image *****

9.5   Ouverture d’une image dans Photoshop

9.5.1  Toujours conserver le profil incorporé

Menu : EditionCouleurs : Règles de gestion des couleurs



9.5.2  Cas d’une image sans profil colorimétrique.

C’est le seul cas de figure ou l’espace colorimétrique par défaut de Photoshop est utilisé. En absence de profil ICC, Photoshop le convertit dans son espace. Mais Photoshop nous avertit par un popup, et on essaie d’associer un profil (si pas de profil, c’est généralement sRVB, car ça vient du Web …).

Exemple : Popup ouverte par Photoshop quand on ouvre une image sans profil.

Attribuer sRVB est généralement la bonne réponse. De plus, il convient de cocher la croix :

Et convertir le document dans l’espace de travail sRVB. (Sans conversion, les couleurs seront bonnes, mais pas les valeurs R, V, B).

Note : En 2021, de nombreuses images qui « trainent » sur le Web n’intègrent pas de profil. Cela date de l’époque où les débits de transmissions de données étaient faibles. En effet, incorporer un profil ICC (AdobeRVB ou sRVB) à une image revient à augmenter sa taille de 2 à 4 KOctets, ce qui est ridicule aujourd’hui.


9.5.3   Cas d’une image avec un profil différent de celui de l’espace de travail

Lors de l’ouverture d’une image, si l’espace de travail de Photoshop est différent de l’espace de l’image, la fenêtre suivante s’affiche.

Il faut TOUJOURS cocher : préférer le profil incorporé.

L’image a les bonnes couleurs avec l’espace colorimétrique qui lui a été attribuée la 1ere fois (après déRAWtisation).

9.6   Softproofing et impression avec PhotoShop

Le softproofing (épreuvage) consiste à simuler le résultat de l’impression sur son écran. Pour ce faire, on convertit le profil de l’image avec le profil ICC du couple imprimante/papier.

Menu de Création de l’Epreuve : Affichage Format d’épreuvePersonnalisée

Le popup suivant s’affiche :

Dans le champ Périphérique de simulation, choisir le profil ICC de son papier (ou fourni par l’imprimeur). Ici : SaalDigital_FineArt_Baryta_03-15.icc

La procédure complète de Softproofing sous PhotoShop est décrite au chapitre 14 : Softproofing détaillée avec Photoshop

9.7   Impression en local   

Il suffit d’envoyer le fichier avec le profil ICC du papier vers l’imprimante, (sauf si le profil est géré directement par l’imprimante).


9.8   Exportation Web sous Photoshop

Menu : FichierExportation →  Enregistrer pour le Web.

Cocher :
Incorporer le profil couleur (en 2021, presque tous les logiciels affichant des images gèrent les espaces colorimétriques).
Note : on ne devrait même pas avoir le choix, car incorporer un profil sRVB n’augmente la taille du fichier que de 4KOctets (taille du fichier « sRGB.icm »).
Convertir en sRVB (espace colorimétrique « standard » de nos écrans).

Source : Arnaud Frich – Quelle gestion des couleurs sur Internet ?

9.9   Exportation Photoshop pour un imprimeur

Attention : dans le fichier à destination de l’imprimeur, il ne faut surtout pas inclure le profil ICC de l’imprimante, et qui a servi au soft proofing, mais un profil neutre (AdobeRVB au minimum pour une impression FineArt, sinon sRVB suffit). Voir sur le site de l’imprimeur qui impose souvent ses choix d’espace colorimétrique.

Exemple Photoshop d’export sRVB :

Menu : Exporter sous

Cocher :
– Convertir en sRVB
 – Incorporer l’espace colorimétrique (il s’agit ici de l’espace de travail, et non du profil ICC qui a servi au soft proofing).
                  

Notes:
1/ La case « Incorporer le profil colorimétrique » ne devrait plus exister, le poids du profil dans un fichier n’étant que de 2 à 4Ko (profil générique sRVB, AdobeRVB). il FAUT incorporer le profil.
2/ Si on ne coche pas Convertir en sRVB, Photoshop exporte avec son espace colorimétrique de travail (Menu : EditionCouleurs : Espace de travail : RVB).
Si on désire exporter en AdobeRVB avec un espace de travail ProPhoto, il faut passer par le menu : Edition Convertir en profil et effectuer la conversion vers AdobeRVB.

9.10  Afficher sous Photoshop les couleurs non affichables de son écran

Il s’agit simplement de réaliser un épreuvage, en choisissant le moniteur comme périphérique de simulation.

Mode d’emploi:
– Sélecter : « Couleurs d’épreuves » → « Couleurs non imprimables »


– Affecter le profil ICC du moniteur dans le « Périphérique de Simulation »:
Menu : AffichageFormat d’épreuvePersonnalisé

  Source : http://www.cmp-color.fr/ecran_tirage.html

9.11  Retrouver le profil ICC de son écran sous Photoshop

Menu :  Edition Couleurs

Faire défiler la liste jusqu’à : RVB Moniteur :  On voit alors le profil du moniteur.



Remarque : Sous PhotoShop, on distingue bien 3 zones de profils ICC, séparées par un trait, dans le menu ci-dessus :
1 – le profil ICC du moniteur
2 – les profils Icc de Photoshop lui-même (profils indépendants du matériel)
3 – les profils Icc contenus dans: C:\Windows\System32\spool\drivers\color

9.12  Tutoriels des menus Couleurs de Photoshop

Document Adobe – Gestion des couleurs
Arnaud Frich – Les informations couleurs et les menus couleurs de Photoshop

10      Gestion des couleurs dans Capture One

L’espace colorimétrique de travail de Capture One est tenu secret, vraisemblablement proche de ProPhoto. Capture One est l’équivalent de : Camera Raw + Photoshop.

10.1   Attribution d’un profil ICC

Une fois l’image brute (Raw) importée, CaptureOne lui attribue automatiquement le profil ICC de l’appareil de prise de vue (la description de l’appareil est contenue dans les données EXIF du fichier Raw).

Dans le cas ou CaptureOne n’a pas reconnu le boitier, il affiche « Generic » : c’est le cas des boîtiers non encore incorporés à la base de données de CaptureOne, car trop récents
.

10.2   Soft proofing

Dans cette étape, on simule le résultat de l’impression sur son écran. Sous Capture One, cette opération se fait dans le menu des gestions des exports ( icône engrenage). Il faut alors rentrer le Profil Icc donné par l’imprimeur pour le couple papier/imprimante qu’on simule. L’utilisation de l’icône « lunettes » permet de visualiser toutes les informations rentrées à ce niveau : taille de l’image (rescaling), ajout de netteté…

Sous Capture One, je conseille de dédier un layer à l’impression. Il est alors possible de sauvegarder ce layer en tant que style, et de l’appliquer ensuite à toutes les impressions avec le même papier.

10.3   Exportation vers un logiciel de retouche – type Photoshop

Format : TIFF 16 bits
Profil ICC : ProPhoto (c’est l’espace de Photoshop). Si l’espace colorimétrique de l’image importée dans PhotoShop est différente de l’espace de PhotoShop, un écran de ce type s’affiche. Il faut alors choisir le profil embarqué dans l’image.

10.4   Exportation Web

Format : JPEG
Profil ICC : sRVB.  

11      Conditions d’éclairage en softproofing et pour la visualisation des tirages

Environnement de travail conseillé :
– Poste de travail : environ 40 à 50 lux.
 – Luminosité de l’écran : 80 cd/m2.
 – Environnement de travail : 40 – 60 lux.
 – Observation des tirages (lampe photo) : 500 lux – 5000 Kelvin.
Toutes ces caractéristiques sont contenues dans la norme : ISO 3664. Celle-ci décrit les conditions d’observation des documents imprimées.

Notes:
1/ Le choix de 80 cd/m2 est personnel . Il privilégie l’impression.
2/ Exemples de lampe:
Graphi Lite 2  (mais plutôt adapté au format A4, je trouve).
– Lampe de bureau Velleman VTLAMP6 équipée de 2 tubes fluorescents JUST daylight 5000 proGraphic 15 watt de marque Just Normlicht.
« Avec un luxmètre vous réglez la distance entre la source et votre surface d’examen pour avoir 500lx. Ça vous fait une “station de contrôle” amateur déjà très performante à un tarif plutôt accessible (150€). » @jusvr du forum Chassimages.
3/ Exemple de luxmètre : 23 Euros.

12      Divers : Contrôle du gamma de son écran

Arnaud Frich propose un test visuel simple du gamma de son écran, afin de le comparer avec la valeur de calibration …
Résultat intéressant…

Rechercher « Contrôle du gamma de son écran » dans cette page : Arnaud Frich – Le gamma

13      Softproofing détaillée avec Lightroom

Vidéo très explicative (anglais): Julieanne Kost – Soft Proofing in Lightroom Classic | Tutorial *****
Tous les détails dans le pdf en bas de l’article

14      Softproofing détaillée avec Photoshop

Arnaud Frich – Comment bien imprimer soi-même ses photos ?
(Voir le Chapitre : Comment faire du softproofing avec Photoshop)
Tous les détails dans le pdf en bas de l’article

15      Softproofing détaillée avec Capture One

Tous les détails dans le pdf en bas de l’article


16      Choix des papiers

16.1   Papier RC ou papier plastique

Un papier RC (Resin Coated) se compose d’une base alpha-cellulose enduite sur les deux faces et d’un film polyéthylène (d’où son surnom de papier plastique), puis enduite d’un couchage microporeux sur la face imprimable.

Source : Canso


16.2   Papier Baryté

Le papier baryté argentique est un papier sur support épais cartonné, recouvert d’une émulsion sensible et d’une couche de sulfate de baryum (ou baryte). C’est ce minéral qui permet la blancheur du papier et sa tenue dans le temps.

Source : L’Atelier Baryté

Papier Hahnemühle FineArt Barita
Papier semi-brillant. Epreuve d’écran quasi inutile, sauf pour les couleurs non imprimables.

Papier Hahnemühle German Etching
Papier semi-brillant. Epreuve d’écran quasi inutile, sauf pour les couleurs non imprimables.
Ne rien faire pour corriger le voile, général pour les papiers mats.

Source Chassimages

17       Livres sur la gestion des couleurs

Jeff Scheme, qui a travaillé de nombreuses années à l’élaboration de PhotoShop :
Imprimer ses photographies – Jeff Schewe  ( traduction de son livre : Digital Print
Le négatif Numérique – Jeff Schewe  ( traduction de son livre : The Digital Negative )
Aussi : La Gestions des Couleurs – Jean Delmas

18       Sites conseillés

En Français :
Arnaud Frich:
Arnaud Frich – Site Web
Arnaud Frich – Introduction à la gestion des couleurs
Chaîne YouTube Arnaud Frich

Site Chassimages :
Forum du site Chassimages 

Colorimétrie:
https://www.eizoglobal.com/library/index4.html

En anglais:
Forum du site Dpreview
Forum spécifique à la gestion des couleurs
Luminous Landscape – Color Management

19      Annexe 1 – articles intéressants

CMP Color – La gestion des couleurs dans Lightroom
CMP Color – softproofing et impression
http://www.claudegabriel.be/Colorim%C3%A9trieB1%20chapitre%205.pdf

20      Annexe 2 – Meilleures tutos vidéo sur la gestion des couleurs

Théorie :
Antonio Gaudencio – Tuto Profils ICC et Espaces Couleurs
Antonio Gaudencio – Comment Optimiser son Flux de Production Photo / Volet 01
Antonio Gaudencio – Comment Optimiser son Flux de Production Photo / Volet 02

Pratique :

Image exportée dans divers espaces couleurs :
Antonio Gaudencio – Gestion des Espaces Couleurs dans Photoshop ***
Antonio Gaudencio – Softproofing Lightroom / Volet 1
Antonio Gaudencio – Softproofing / Volet 2
Comment modifier le format d’une image pour l’imprimer avec Photoshop ?

Général :
Chaine YouTube d’Antonio Gaudencio

Divers :
TUTO PHOTOSHOP : Comment améliorer la netteté d’une photo
L’utilisation des filtres pour la photographie de paysage. ND, GND, Polarisant.
ASTUCE PHOTOSHOP – Outil Transformation Manuelle par Zone
Photoshop – Créer une Signature Manuscrite directement avec votre tablette graphique
LIGHTROOM – Astuces “Filtres de Retouches”
TUTO “Trucs & Astuces” Photoshop : Comment booster les couleurs de mon image
A savoir avant de choisir son écran photo

21      Annexe 3 – Formats des fichiers images

Format RAW
Les capteurs d’appareils photo numériques (APN) délivrent tous un fichier dans un format appelé RAW. Malheureusement ce format est tout sauf normalisé : tous les constructeurs ont le leur(s) variante(s). Il y a même des différences entre les appareils d’une même marque.
Le terme RAW est donc un terme générique qui désigne un fichier issu d’un capteur, mais qui recouvre de nombreux formats différents. La plupart des fabricants utilisent d’ailleurs une extension de fichier différente : NEF chez Nikon, CRW chez Canon, ORF chez Olympus…

Le format JPG ou JPEG
Ce format est totalement standard et reconnu par tous les logiciels de traitement d’images et par tous les systèmes d’impression. C’est également le format préférentiel pour la publication des photos sur les sites Internet.

Il est malheureusement destructeur, c’est à dire que chaque enregistrement dans ce format provoque une altération de l’image. Cela s’explique par le fait qu’on a souhaité réduire la taille des fichiers, en particulier pour permettre leur diffusion par Internet. Le facteur de compression est ajustable, ce qui permet, en acceptant des fichiers plus gros, de limiter l’altération de l’image à un niveau imperceptible.

Le format TIF ou TIFF
Il est également très standard. Par rapport au JPG, il présente l’avantage de ne pas altérer les images mais (et c’est une conséquence) donne des fichiers beaucoup plus volumineux. Il est souvent utilisé entre les logiciels de déRAWtisation et de retouches.

Source : http://alainpre.free.fr/tutoriels/photo-general/derawtisation/derawtisation-10.php

22      Annexe 4 – Correspondance Illuminance (lux) – EV (Exposure Value)

 La formule (à ISO 100) est : 

Avec EV – Exposure Value (sans Unité) et E : Illuminance en Lux

Sources :

Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Exposure_value

23       Annexe 5 – Dématriçage – Théorie

Wikipédia – Dématriçage

http://alainpre.free.fr/tutoriels/photo-general/derawtisation/index.php
http://alainpre.free.fr/tutoriels/photo-general/derawtisation/derawtisation-20.php
http://alainpre.free.fr/tutoriels/photo-general/derawtisation/derawtisation-50.php


24      Annexe 6 – Calibration avec displayCal

Tutorial que j’ai utilisé : Calibrer son écran avec DisplayCal et une sonde colorimétrique

Exemple de compte- rendu:



25 Annexe 7 – document au format pdf ( avec softproofing détaillé)


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